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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 10:41

 

Lorsqu’on a six ou sept ans, on ne comprend pas tout ce que disent les adultes car parfois les mots et leur contexte nous échappent mais chacun leur attribue néanmoins un sens à partir du vocabulaire connu ou mal maîtrisé. 

  

Ainsi, à l’école primaire, le jamais 2 sans 3 exprimé par un adversaire chanceux au jeu de billes était ressenti comme une appréciation défavorable de la Peugeot 203 que possédait mon père, d’autant plus que ce jugement était exprimé sans même me regarder, comme si je n’étais pas concerné.

 

A Noël,  ému par le chant « il est né le divin enfant » cet « heureux temps » fut pour moi compris comme «  cette retemps » puisqu’il existait bien une refête, en Novembre, avec ses stands d’auto-tamponneuse sur la place du Foirail, à Tarbes.

De même, l’injonction « jouez hautbois » compris comme « jouez au bois » ne me posa guère de problème, puisque les enfants à Noël ont le droit de jouer partout, près de la crèche et dans les bois environnants, s’ils le désirent.

Quant au « résonnez musettes », il s’agissait sûrement du bruit métallique fait par le couteau et les pièces de monnaie agités dans la musette des bergers, ravis de la naissance divine.

Enfin, dans le chant : «  de bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois » (les rois mages), je me doutai bien qu’il ne s’agissait pas du train SNCF que je voyais passer chaque matin au passage à niveau du bout du pont car personne n’en aurait alors parlé. J’imaginai plutôt les rois mages assis majestueusement sur un char décoré comme ceux défilant pour le Carnaval mais celui-ci tiré par des chameaux au lieu de chevaux.

 

J’avais sept ans lorsque naquit mon dernier et troisième frère et  mon père parla de l’éventualité  d’un recours temporaire à l’aide aux mères. J’ai enregistré cela comme les domaires, imaginant qu’il s’agissait probablement de personnel qualifié de la Mairie.

 

Plus tard, en classe de sixième, à l’issue d’un concert dominical de la chorale paroissiale, j’interrogeai ma mère pour savoir si elle avait bien entendu comme moi les mots « souche puante » et « cavalerie ». En réalité il s’agissait du mot latin « suscipient », ils assument  et du mot anglais« Calvary », le Calvaire. 

 

Une fois adulte, seuls les mots récemment créés et d’une haute technicité m’ont laissé perplexe, un court moment.

 

Lorsque avec l’âge, les syllabes ne sont plus correctement perçues et les réponses faites provoquent le rire de l’auditoire, il est temps de consulter l’ORL pour éviter d’être un nouveau Professeur Tournesol.

   

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 15:22

vache.JPG  

Parce qu’un forage minier coûte cher, il est d’usage de localiser l’emplacement jugé le plus favorable à l’aide de mesures géologiques et géophysiques plus ou moins sophistiquées qui ne sont pas toutes neutres vis-à-vis de l’environnement mais évite de réaliser plusieurs forages négatifs.

 

Avant l’utilisation du GPS, les mesures de distance sur le terrain étaient effectuées à l’aide d’un topofil, instrument comprenant un compteur mécanique  associé à une bobine de 2500 mètres de fil de coton blanc résistant  que l’on déroule en marchant. Le fil abandonné sur place, dans une prairie, et sur quelques centaines de mètres fut brouté par une vache du Maine-et-Loire. Le fil passa en entier dans l’estomac du bovin qui n’eût la vie sauve qu’avec l’intervention du vétérinaire, libérant le bonnet d’un écheveau volumineux de coton mêlé à de l’herbe.

 

Une autre vache, limousine celle-là, n’eût pas cette chance lorsqu’elle s’avisa de mâchouiller un câble d’injection de courant lors de mesures de polarisation induite. Les quelques ampères l’immobilisèrent sur place, tétanisée et pour un compte définitif. Naturellement, la compagnie de prospection, assurée pour ces dégâts collatéraux, indemnisa l’éleveur.

 

Le cas du stress causé à un taureau de Mayenne, lors d’une prospection électrique, apparaît a priori comme moins évident mais jugez-en plutôt : un prospecteur et deux manœuvres s’acquittaient de mesures de potentiel dans une friche en déroulant du câble électrique, à partir d’une bobine de bakélite montée sur un chevalet de bois avec manivelle de déroulage. Dans le pré voisin séparé de la friche par une haie basse d’épineux, doublée de deux rangs de barbelés se tenait un taureau, à la robe fauve, quelque peu argentée par la rosée matinale.

Impassible au début, l’animal finit par s’approcher de la haie, sans doute intrigué par le crissement ou le couinement émis par la bobine à chaque tour de manivelle. Habitué à la curiosité manifestée chez les chevaux par le grincement aigu de la bobine sur son axe, rappelant vaguement un hennissement, le technicien n’avait jusqu’à présent noté que de l’indifférence de la part des bovins.

 

Le taureau regarda fixement la bobine en mouvement puis le technicien, fit quelques pas à gauche puis à droite comme pour trouver un passage dans la haie. S’éloignant ensuite, il fit demi-tour et s'approcha de la haie, l’œil inexpressif. Ce petit manège dura une dizaine de minutes, le grincement plaintif paraissant agacer l’animal, rendu de plus en plus nerveux.

 

Alors que l’équipe finissait d’enrouler le câble avant de se déplacer sur le profil de mesures voisin, le taureau, s’étant éloigné d’une vingtaine de mètres, après un beuglement sourd, fonça  à toute allure vers la haie et la sauta allègrement, frôlant un manœuvre, figé par la peur. Continuant sa course, il traversa la friche au galop, passa au-dessus d’une seconde haie, de belle manière pour une bête d’une demi-tonne et disparut dans la campagne.

 

Passé le moment de surprise et d’incompréhension quant à la cause réelle de cette charge inattendue, l’équipe reprit le travail et acheva son programme de mesures. Le taureau ne se montra pas de la journée et je l’imaginai, calmé au milieu d’un troupeau de vaches, à quelques centaines de mètres de là.

 

Il n’en était rien comme me le confirma son propriétaire, éleveur, dès le lendemain. Ce dernier, prévenu dans l’après-midi de la fugue du taureau, l’avait retrouvé à deux kilomètres de là, dans une pâture et avait cherché à l’approcher mais, en vain. Chaque fois, l’animal, ivre de liberté ou devenu fou, démarrait au petit trop droit devant lui, puis accélérait, se jouant des clôtures et des ronces, empruntant même pour un temps, une départementale. Au désespoir, le propriétaire s'était résolu à l’abattre au mousqueton, ayant réussi à l’approcher d’assez près avec son tracteur.

 

L’éleveur ne fût pas long à incriminer l’équipe géophysique, responsable selon lui, de l’état de nervosité de l’animal. Celui-ci qui accusait le poids respectable de six cents kilos était une bête destinée à la boucherie. Sa fin prématurée représentait, selon le propriétaire, une perte substantielle de trois cents kilos de viande, préjudice dont il réclamait avec force, réparation.

 

Laissant les assurances se débrouiller avec cette affaire, une déclaration de sinistre fut rédigée à l’amiable et signée par les deux parties : A. Bouvier pour l’équipe géophysique, M. Menneboeuf (sic) en tant que propriétaire du taureau.  Je ne sais pas ce que l’assureur décida au vu des signataires de la déclaration.

 

Nous ne sûmes jamais si le propriétaire fut indemnisé mais l’équipe, magnanime, ne réclama ni les oreilles ni la queue.

 

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:33

   

Quand Dieu créa l’univers, il mit en place l’architecture céleste, plaçant au mieux galaxies et nébuleuses, augmentant ou diminuant l’intensité des champs magnétique et gravitationnel, et, en même temps, la vitesse de rotation des corps concernés. Distribuant également  lumière et ténèbres, il aménagea ensuite le paradis, zone immense mais finie, au sein de l’infini. Il y fit croître toutes sortes de plantes et végétaux et le peupla d’animaux, de son animal préféré, la petite coccinelle, au grand brachiosaure utilisé comme tondeuse à gazon.

 

Fatigué par cette tâche quelque peu répétitive, il se fit alors aider de deux anges, l’un, mathématicien rigoureux, Michael, l’autre, porte parole distrait, Gabriel, pour terminer l’aménagement des n coins de l’infini en positionnant étoiles, soleils, planètes, comètes et trous noirs.

 

Avant d’aller se reposer, le Tout Puissant prévint ses deux aides de suivre à la lettre quelques recommandations simples : éviter de fabriquer trop d’étoiles à neutrons et contrôler fréquemment la température du milieu interstellaire composé de gaz et de poussières.

 

Michael s’acquitta fort bien de la distribution des nouvelles galaxies s’appliquant à leur donner des formes elliptiques ou en spirales, avec bras ou barres traversant le bulbe central, comme le ferait un enfant avec son paillon à bulles. Il évita ainsi la collision de galaxies qui eut généré la colère du Tout Puissant, obligé de régler à nouveau l’équilibre du système comme nous le faisons à notre échelle (et souvent sur l’échelle), deux fois par an, pour mettre, à l’heure d’hiver, les horloges municipales.

 

Gabriel était particulièrement satisfait de son oeuvre de formation des étoiles géantes et brillantes, les supernovae. Il s’amusait à piéger la lumière dans les trous noirs ainsi que les gaz et poussières chaudes, lancées dans d’immenses tourbillons et attirées comme par un gigantesque aspirateur.

 

Mais ce faisant,  il ne se rendit pas compte que la température et la densité du milieu interstellaire augmentaient et que l’espace, se rétractant peu à peu, induisait la concentration de plusieurs galaxies en un seul et même point.

Il s’ensuivit  une énorme explosion, un Big Bang, dont l’effet se fit sentir jusque sur le nuage céleste où reposait l’Eternel. Levé en sursaut et aveuglé par des nuages  de matière et d’anti-matière, il dût faire appel à Eole  pour clarifier tout cela et apercevoir ses deux anges, les ailes couvertes de suie. Gabriel, sans voix, se fit passer un savon du feu de Dieu, avec ordre de réparer sa bêtise ou d’être déchu à jamais.

 

Celui-ci se trouva donc chargé de peupler les  nouvelles planètes ainsi créées par le Big Bang en commençant par une minuscule planète bleue, la Terre, qui miroitait au sein d’une allée d’étoiles blanches. Michael l’accompagna pour l’aider et corriger à temps toute erreur éventuelle.

Les deux anges avaient plein pouvoir pour loger au mieux le trop plein de végétaux et d’animaux du paradis et en particulier les taupes qui avaient la fâcheuse tendance à faire des trous dans les cumulus. Par ailleurs,  les fougères géantes commençaient à faire de l’ombre au Tout Puissant et bien qu’immortels car nourris par l’esprit divin, les gazelles et les gnous trouvaient que les lions les observaient d’un mauvais œil.

 

Arrivés sur Terre, nos deux anges constatèrent que la planète, encore fumante, était constituée de roches et d’eau et que tout restait à faire pour en rendre l’atmosphère vivable.

Se répartissant la tâche, Michael créa les espèces de grande dimension, mammouths, tyrannosaures ou séquoias tandis que Gabriel se cantonnait dans la fabrication d’êtres minuscules et difficiles à apercevoir depuis le ciel, les insectes en particulier.

En créant les poissons, il joua sur la forme, depuis la sole, plate, l’orphie aiguillette jusqu’au poisson globe. Puis, pour varier quelque peu, Michael fit apparaître les requins, les baleines et autres cétacés de grande taille pour permettre un bon brassage des eaux marines.

 

Gabriel, pris par le jeu de la vie  se mit à inventer les micro bestioles, bactéries, microbes et unicellulaires, organismes totalement invisibles depuis le ciel. Il s’amusa même à créer des éphémères, à durée de vie très courte.

Soucieux d’obtenir l’accord divin sur le travail déjà accompli, les deux anges renoncèrent à visiter les secteurs où régnait encore une chaleur trop intense, se promettant de revenir lorsque la Terre aurait quelque peu refroidi puis remontèrent au ciel.

 

Rendant compte au Tout Puissant de leurs travaux terrestres, celui-ci déclara que cela était un bon début. Mais quelque chose n’allait pas : la Terre étant une planète formée par erreur, son environnement ne bénéficiait pas de l’immortalité et les plantes et animaux finiraient par mourir. En réalité, le problème était double : sans manne céleste, les êtres vivants devaient chercher leur nourriture et comme mortels, ils étaient obligés de se reproduire d’une manière ou d’une autre avant de disparaître.

 

Après plusieurs essais infructueux, l’idée d’une ouverture aux deux bouts d’un tube digestif, plus ou moins tordu, fut adoptée pour l’ensemble de la gent animale. Pour laisser la place libre et du temps aux petits herbivores, Michael compliqua l’appareil digestif des plus gros, les forçant au repos pour ruminer.

 

Le fait d’être potentiellement mangé à tout moment par autrui renforçait la nécessité incontournable de la mise au point d’un moyen efficace de reproduction.

Michael pensa que les espèces les plus volumineuses ou protégées par une morphologie particulière, donc moins menacées par les prédateurs éventuels : les mammouths aux défenses puissantes, les tortues à carapace ou les carpes à écailles indigestes, vivraient plus longtemps et que leur reproduction pouvait être, un temps, différée. Par contre, pour les insectes, et les petites formes animales fragiles ou convoitées par les plus grosses, aussi bien dans l’air que dans l’eau, le besoin d’une reproduction quasi permanente se révélait indispensable.

 

Gabriel imagina d’emblée un système de multiplication par parthénogenèse qui se montra opérationnel pour les formes unicellulaires et peu élaborées.

Cependant, pour les êtres différenciés, devenus tous identiques, ce mode provoqua des disputes interminables et une accumulation d’individus grégaires, regroupés en masses inertes. Michael, plus rationnel, imagina de créer deux êtres semblables mais complémentaires avec organes de reproduction spécifiques. Il eut aussi l’idée lumineuse de les doter d’une petite glande à phéromones pour que mâle et femelle puissent se trouver, les jours de brouillard.

 

Gabriel se crut novateur en créant l’organe luminescent de la femelle du ver luisant mais Michael lui conseilla de stopper tout développement dans ce domaine car la Terre deviendrait plus lumineuse que le ciel et cela déplairait forcément au Très Haut.

 

Un premier test positif de reproduction, chez les lapins, conforta Michael dans cette approche bisexuelle. Mais il réduisit quelque peu la taille de la glande à phéromones pour que les animaux aient le temps de se nourrir. Par sécurité et en tenant compte d’un futur refroidissement climatique, il décida même que cette glande ne serait active que deux fois par an terrestre, pour l’ensemble des espèces.

 

Dans la généralisation du système, quelques boulettes faites par Gabriel échappèrent à l’œil exercé de son collègue : ainsi, le mâle du vers de Bonnellie, trente fois plus petit que sa femelle, n’eut d’autre choix que de se réfugier en parasite dans la néphridie de la femelle ; chez l’Argonaute, sorte de poulpe à huit bras et  nacelle de nacre (coquille), le mâle, vingt fois plus petit que la femelle, est handicapé puisqu’il ne possède qu’un bras, le bras copulateur qu’il doit abandonner à l’intérieur de la femelle.

Quant à la mante religieuse, Gabriel se trompa en mélangeant phéromones et piment d’Espelette si bien qu’en fin d’accouplement, le mâle est dévoré par la femelle.

Cependant, ces quelques ratés n’altérèrent pas l’humeur du Très Haut.

 

Sur Terre, certaines espèces proliféraient, les champignons, orties et rongeurs en particulier tandis que d’autres, les bouquetins, les grands pingouins et les prêles géantes végétaient.

Dieu décida alors de créer une espèce particulière adaptée aux règnes animal et  végétal existants qui, outre la nécessité de se nourrir et de se reproduire, saurait réguler le devenir des espèces terrestres. Il  le pourvut d’un crâne plus volumineux que chez les singes puis demanda à Michael d’en terminer l’ébauche. Ainsi le premier hominidé fut-il équipé de deux bras et de deux jambes puis redressé puisque Dieu le voulait à son image.

 

Adam et Eve

 

Se promenant au Paradis, ce nouvel homme louait Dieu, serrant la patte ou la tige de tous les êtres vivants rencontrés. En vue de son départ futur pour la Terre, Michael suggéra de le pourvoir d’un appareil génital moins encombrant que celui des caprins et de lui adjoindre une femelle.

Et Dieu créa la femme, accentuant les courbes et réduisant la pilosité comme le souhaitait l’homme. Pour permettre au couple de se multiplier et d’avoir un œil sur l’ensemble des espèces, il rendit la femme attirante et fertile de façon permanente, embellissant son visage et ses yeux, et par là, économisant une glande à phéronhomme ou phéronfemme, initiative judicieuse puisque cette première femme commençait déjà, sans permission, à cueillir les fleurs odorantes pour se parfumer.  

 

Partageant l’amour divin, tous deux étaient respectés par les espèces du paradis, le chien en particulier qui les suivait partout, mais le serpent, jaloux de cette félicité, sut piéger la femme avec une simple pomme d’api.

 

Très remonté contre le couple humain, Dieu le chassa aussitôt du paradis, lui confiant toutefois que, dans son immense générosité, l’Esprit Saint, aussi rapide que l’épervier sur Terre, serait là, prêt à l’aider s’il le désirait. Mais que l’homme prenne garde car, en cas de conduite démoniaque, lui, Dieu, seul créateur, serait forcé d’aller mettre de l’ordre sur Terre ou d’y déléguer son fils, pour un temps. Il y aurait alors des pleurs et des grincements de dents.

 

On sait aujourd’hui ce qu’il voulait dire par là!

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 13:38

ile aux tortues à NgazidjaDans les années 1980, un cyclone fit s’échouer le yacht d’un milliardaire américain sur un récif près des îles Marquises.

Les deux canots de sauvetage mis aussitôt à l’eau permirent à l’équipage et aux invités  d’atteindre sans encombre un îlot  corallien habité par quelques tortues et  crabes de cocotier.

 

Les vingt-sept rescapés, quadragénaires pour la plupart, appartenaient à neuf pays différents : France, Italie, Allemagne, Grèce, Angleterre, Bulgarie, Amérique du Nord, Japon et Irlande, avec une distribution miraculeusement égale : deux hommes et une femme représentant chaque nationalité.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, sur cet îlot perdu au milieu de l’Océan Pacifique et attendant un hypothétique bateau de secours, les naufragés s’organisèrent au mieux avec leurs rares effets ou matériels sauvés des eaux.

 

Au bout d’un mois, selon le pays d’origine, on a pu enregistrer les comportements suivants :

 

-          les 2 Français et la Française vivent heureux ensemble dans un ménage à 3 ;

-          un Italien a tué son compatriote pour n’avoir pas voulu partager l’Italienne ;

-          les 2 Allemands ont convenu d’un rythme hebdomadaire pour se rendre tour à tour auprès de l’Allemande ;

-          les 2 Grecs dorment ensemble et la femme Hellène lave et fait la cuisine pour eux ;

-          les 2 Anglais attendent que quelqu’un soit assez gentleman pour les présenter à l’Anglaise ;

-          les 2 Bulgares contemplent longuement l’océan sans fin ; l’un d’eux tourne vers la Bulgare un regard  lointain et les deux hommes se mettent à nager ;

 

-          les 2 Américains évaluent les côtés positifs du suicide car l’Américaine, au corps de reine, continue à se comporter comme une garce, la vraie nature du féminisme ; elle s’imagine faisant tout ce qu’ils sont capables de faire, avec le besoin de sentir qu’elle s’accomplit, qu’il existe une répartition égale des corvées domestiques ; elle pense que la présence combinée du sable et des palmiers la fait apparaître plus enrobée qu’elle n’est, que son dernier petit ami respectait ses idées et la traitait de manière plus galante qu’ils ne le font et que ses relations avec sa mère s’améliorent. Mais, au moins, ici, les taxes sont peu élevées et il ne pleut pas.

 

-          Les 2 Japonais ont envoyé un fax à Tokyo et attendent des instructions ;

-          Les Irlandais commencent à diviser l’île en un secteur nord et un secteur sud et mettent en place une distillerie. Ils ne se souviennent pas si le sexe fait partie du programme car une sorte de brume les enveloppe après les premiers litres de coco whisky. Cependant ils sont satisfaits parce que les Anglais n’y ont pas droit.

 

En conclusion, la Française ne s’en sort pas si mal.

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:51

Lorsque Dieu créa Adam et Eve, personne ne chassait au Paradis, chaque espèce pouvant vaquer à ses occupations et se nourrir de lait, de miel ou de trèfle, denrées abondantes au sein de ce milieu naturel, divinement conçu. Après le mauvais tour joué par le serpent à l’homme, ce dernier fut envoyé sur terre pour se racheter pendant le temps qu’il plairait à Dieu. Cependant, magnanime, le Créateur crut bon, levant son index sur Eve, d’ajouter un gène de plus à sa descendance, le gène de la chasse,  pour permettre  à l’homme de résister à son nouvel environnement, plutôt hostile.

 

Au tout début, l’homme de Neandertal dût se cacher, essayant d’échapper aux bêtes sauvages, les observant puis les imitant dans leurs techniques de chasse et enfin,  apprenant progressivement et en petit groupe, à  les assommer ou les piéger dans des trous. Pour varier le menu fait de baies, de fruits et d’insectes, il se mit à manger de la viande, d’abord crue puis, à l’occasion de circonstances favorables (feux de brousse, volcanisme,..), cuite, état jugé autrement plus digeste.

 

Plus tard, maîtrisant le feu, l’os et le silex, Cro-Magnon fabriqua  épieux et sagaies et se vêtit de fourrures pour faire face aux épisodes glaciaires. Enfin, lorsqu’il sut utiliser le fer, le bronze et le cuivre, l’homo sapiens s’équipa d’épées, d’arbalètes et de fusils et c’est là que la chasse, nécessité vitale à l’origine, devint à la fois plaisir et loisir.

 

De son côté, Eve transformée en Diane, lassée de bander son arc et trop occupée par ses tâches de mère, pria alors son Adam de pourvoir, seul, à la nourriture de la famille.  Sous le nom de Pan, le dieu cornu et saboté de la nature et des bergers, il se mit à élever chèvres et moutons et se servit de son syrinx comme un appeau pour attirer les oiseaux sauvages et les sylphes.

Après l’épisode malheureux de Noé, quittant la barre de son arche zoo pour essayer de capturer la colombe au rameau d’olivier et s’échouant ainsi sur le haut fond du mont Ararat, la bible mentionne que Nemrod, le dieu chasseur, bâtit la tour de Babel suffisamment haute pour rester émergée dans le cas d’un nouveau déluge éventuel.

Sans doute pensait-t-il aussi pouvoir chasser tous les animaux fuyant les eaux et, du sommet de la tour, capturer les oiseaux en quête de perchoir.

 

Depuis Eve, la descendance humaine a conservé le gène de la chasse mais l’évolution et le hasard génétique l’ont quelque peu modifié si bien qu’aujourd’hui, l’analyse du génome des chasseurs a permis d’identifier trois types de praticiens et autant de comportements distincts : le chasseur social, le chasseur forcené et le chasseur dans l’âme ou passionné.

 

Chez le chasseur social, le gène chasse est isolé à l’extrémité du chromosome X, sous forme d’un point brillant rappelant l’extrémité de l’abdomen du vert luisant. Lors d’un prochain processus évolutif, il pourrait disparaître définitivement.

 

Le chasseur est dit social car il chasse comme d’autres jouent au golf ou montent à cheval. Il se reconnaît à sa tenue soignée, veste et pantalon de velours, petit foulard en soie autour du cou et chapeau tyrolien à plume. Quand il se déplace, un vague parfum de lavande ou de naphtaline l’accompagne.

Habitant d’habitude une ville moyenne à grande, il est Rotarien et prend une action de chasse pour la plaine et /ou le bois qu’il renouvelle tous les trois ans. C’est pour lui le meilleur moyen de rencontrer les représentants de l’Administration et des professions libérales de sa commune, inspecteur des impôts ou d’Académie, médecin, pharmacien, ingénieur des travaux publics. Peu passionné par la nature, ce qu’il sait sur la chasse, il l’a appris dans de  grands et beaux livres traitant de la légende de Saint Hubert, de la passion de Louis XIII pour la fauconnerie et de Charles X pour la vénerie. Il possède les ouvrages des maîtres : Blaze, Oberthur, feuilletés rapidement.

Il s’imagine volontiers représenté sur les tentures des chasses de Maximilien  et sur la Chasse au sanglier et aux ours de la tapisserie d’Arras.

chasseur.jpg

 

Le chasseur social ne chasse jamais seul, son objectif premier étant d’être vu et apprécié en tant que partenaire de commerce agréable, un vrai gentleman en quelque sorte.

En général, il ne possède pas de chien mais si cela lui apparaît comme un plus au sein de la société qu’il fréquente, ce sera un chien de race avec pedigree, chien d’arrêt le plus souvent, un pointer ou un braque, parfaitement dressé par un professionnel pour rester au pied et rapporter faisan ou perdreau, sur ordre. Si d’aventure, la chasse est écourtée pour quelque raison de force majeure : orage, foulure d’une cheville féminine, quota de pièces de gibier atteint, dégustation  agreste de Beaujolais nouveau, le chien saura retrouver tout seul la berline ou le 4X4 tout terrain de son maître. 

 

Autre élément de qualité de la panoplie : un fusil à platines, superposé de préférence, adapté à sa conformation, et un sac à cartouches en cuir de même marque que le carnier, sans oublier la canne chaise pliable, pour la battue ou le rabat.

Son habit ne saurait souffrir les ronces ou les jachères épineuses, c’est pourquoi, le chasseur social affectionne la battue,  en  plaine rase, empruntant les chemins ou se postant en lisière de bois pour tirer perdreaux et faisans. Pendant les déplacements, il sait se montrer prévenant envers les invités féminines, leur tenant la main lorsqu’elles doivent utiliser une échelle à barbelés ou écartant les ronces au niveau d’un ru étroit. Par contre, il ignorera parfaitement le paysan rencontré au détour d’un chemin car ne faisant pas partie de son monde.

 

Se conformant strictement aux directives données par le Président de chasse ou le garde, il attend le gibier et tire à bonne portée. Bon tireur car il s’est longuement entraîné au ball-trap, il ne tire que dans des conditions optimales pour décrocher le faisan ou culbuter le lièvre.

En compagnie d’un ou deux collègues, tout œil et toute ouïe sur le mirador, il apprécie aussi l’affût au sanglier ou au chevreuil, en forêt, les nuits de lune.

 

Prévenant lors du repas de chasse, il fait circuler les plats et évalue en connaisseur vins et alcools. Causant politique, économie et voyages sans dédaigner le calembour, le chasseur social sait nouer d’excellentes relations avec ses collègues de chasse.

 

A cette catégorie appartient également le chasseur de trophée qui va tirer le buffle ou le phacochère en République Centrafricaine ou au Sénégal. Utilisant une organisation internationale avec pignon sur rue, seul ou accompagné de quelques collègues fortunés, ce chasseur est traité comme un invité de marque, en excursion. Après une nuit passée dans un bungalow de brousse, il est conduit en véhicule 4x4  à proximité des animaux sélectionnés et repérés la veille. Il n’a plus qu’à suivre en silence le guide et presser la détente face à l’animal indiqué. Si nécessaire, un tireur local abattra discrètement l’animal, seulement blessé par le chasseur de luxe.

buffle.jpg

 

Posters en couleur et trophée naturalisé orneront la salle d’attente du médecin ou le bureau du Directeur, devenus grands chasseurs, et renforceront les relations d’estime de la part  de leurs patients ou subordonnés.

 

Chez le chasseur forcené, se trouve bien ancré le concept de l’homme roi de la nature, considérant que tout ce que la terre produit a été créé pour lui, de droit divin. Le gène chasse est non seulement visible sur le chromosome X mais s’est aussi implanté sur le chromosome Y, au fil des mitoses, ce qui explique le pourcentage très élevé de chasseurs males dans cette catégorie et son autre appellation de chasseur bisomique.

Le forcené a comme but final la seule conquête du gibier,  revendu à l’occasion. Il chasse donc pour remplir son carnier et au-delà, sans restriction aucune, tirant sur tout ce qui bouge, plumes et poil. Impulsif, il est ainsi responsable de la plupart des accidents de chasse, au bois, et doit remplacer son chien, malencontreusement plombé, environ toutes les trois saisons. Il se reconnaît au nombre de cartouches tirées, plus de deux mille, chaque saison.

Le forcené n’est pas un chasseur mais un viandard  ou un flingueur, responsable des trous de balle et impacts visibles sur nombre de panneaux « Chasse gardée. »

Il possède un superposé calibre douze chambré à 76 mm et un magnum pour le tir de la sauvagine, au marais.

 

Lorsque le gibier s’est fait rare ou lorsqu’il a manqué plus que de coutume, ce tartarin aigri se rabat volontiers sur le pigeon domestique voire une hirondelle ou même un chat parti en vadrouille. Il ne dédaignera pas non plus le tir au sol de pouillards ou d’un levraut au gîte et il est le premier à parcourir la campagne après un lâcher de faisans.

 

Il se recrute davantage dans les professions du commerce et de l’alimentation et chasse en compagnie de 2 ou 3 collègues aussi forcenés que lui, parlant haut et vêtus d’un treillis militaire ou d’une tenue de camouflage avec casquette. Il n’a aucune retenue pour suivre un lièvre dans la Réserve ou y lever des faisans, en l’absence du garde fédéral. Un chien, épagneul ou cocker, fait partie de l’équipe et est chargé de retrouver les  oiseaux blessés ou de forcer les faisans au vol.

 

En plaine, on reconnaît ces chasseurs bisomiques à leur allure rapide, marchant en ligne à travers  chaumes et labours, à la manière des poilus de 14 quittant les tranchées.

Ce qui compte pour eux, c’est de couvrir un maximum d’espace pour y débusquer tous les gibiers présents : perdreaux, lièvres et faisans et faire un beau tableau. Lorsqu’ils ont levé une compagnie de perdreaux, ils échafaudent divers stratagèmes pour arriver à distance de tir, dans de bonnes conditions.

Mystifiés plusieurs fois dans les vignes et les choux par des oiseaux rusés, les forcenés, irrités, en arrivent même à les personnifier et les traitent successivement de voyous puis de salopards.

 

Dans l’action de chasse, le forcené n’est respectueux ni de la nature ni de l’environnement humain. Son passage reste matérialisé par un paquet vide de cigarettes ou de biscuits, un kleenex ou du papier toilette accroché aux ronces.

Coupant un barbelé ou couchant des pieds de maïs ou de sorgho, il pénètre, sans vergogne, à l’intérieur des propriétés et fermes pour y suivre un lièvre ou y exterminer le lapin, réfugié dans le bûcher.

S’arrêter un moment pour admirer les couleurs de l’Automne ou discuter avec un cultivateur lui est étranger car le temps, pour lui, c’est du gibier.

 

La femme du bisomique l’accompagne volontiers pour rendre moins pénible une éventuelle bredouille en ramassant des châtaignes, des pommes ou poires et en cueillant s’il y a lieu, du raisin ou des figues. Elle a préparé le repas de midi  à base de charcuterie et de fromage, arrosé par un cépage régional. Les sandwiches sont dévorés sur le terrain, près des voitures ou en bordure de bois, à l’ombre. Tout en se restaurant bruyamment, les forcenés mettent au point un plan de chasse, pour l’après midi,  favorisant  le mouvement tournant et l’envol du gibier vers l’un d’entre eux, convenablement posté.

 

Lorsque le vent du Nord, durcissant les labours, a commencé à pousser les vols de vanneaux vers le Midi, les chasseurs forcenés, éparpillés sur la plaine, se renvoient les vols effrayés qui finissent par prendre de la hauteur et quittent la plaine, zone de guerre. Il y a toujours plus d’oiseaux blessés et perdus que mis dans le carnier car tirés trop loin, avec du plomb zéro.

A la palombière, c’est le nombre d’oiseaux tués qui compte et le forcené est capable de tirer un ramier posé, à plus de cent mètres, avec des chevrotines.

Au poste, en attendant les vols de palombe, il s’exerce sur les palombes du Sénégal (corbeaux) et ne craint pas de tirer sur un épervier bien qu’espèce protégée.

 

A la différence du chasseur social qui a une connaissance très approximative des gibiers qu’il chasse, le forcené, tendu vers sa quête du nombre, connaît les mœurs de son gibier- il est abonné à une revue cynégétique et utilise Internet.

 

Il a parfois une approche rigoureuse voire scientifique qui le mène au succès.

Imaginez ainsi, dans le Gers, un bois d’environ deux hectares dont les grands arbres : chênes, châtaigniers et bouleaux ont presque tous été taillés à même hauteur. En lisière nord, dans l’axe de vol d’arrivée des ramiers, 4 à 5 gros chênes, non écimés, émergent et servent de reposoirs éventuels à des oiseaux attirés par des appelants convenablement placés sur raquettes.

En dessous, une galerie faite de genêts à balais et de fougères garantit un déplacement invisible des tireurs forcenés - une demie douzaine de gros commerçants de Toulouse - qui surveillent les hautes branches des chênes.

En queue de bois, des affûts sous forme de planchers installés dans les arbres et protégés de la vue des oiseaux par une barrière de faisceaux de bruyères sont occupés par quelques bons fusils (de fines gâchettes) qui tirent au vol les ramiers affolés après avoir essuyé du plomb, posés, en tête de bois.

Un épagneul breton, dissimulé par les fougères, attend immobile le signal pour aller récupérer les oiseaux désailés dans le sous bois et pâtures attenantes.

 

En attendant l’arrivée des vols annoncée par un sifflement d’un guetteur avec jumelles, imposant le silence total, rompu par les seuls roucoulements d’un tireur imitateur, les plaisanteries fusent, concernant surtout les femmes, absentes ici.

 

Une telle organisation est admirable d’efficacité mais il ne s’agit pas de chasse, de tir seulement, quelque chose d’un peu plus excitant qu’un tir de foire parce que les cibles sont vivantes et peuvent s’échapper.

Après une bonne journée de passage, la vue des 260 palombes, entassées dans des sacs de jute, fait toutefois davantage penser à une sorte d’opération de dépalombisation locale qu’à une partie de chasse.

Le seul moment convivial et de détente est le casse-croûte de fin de chasse, pris sur place et tiré des coffres de voiture. On y félicite les meilleurs tireurs et on oublie les ramiers pour parler politique, impôts, rugby, voitures du dernier salon, excès de vitesses et météo.

 

Le chasseur dans l’âme fait, comme le gibier, partie de la nature qu’il connaît et respecte beaucoup mieux que ses collègues des deux catégories précédentes qui le prennent pour un poète. Chez lui, le gène chasse est centré sur le chromosome X et n’a point muté depuis l’origine. Ce chasseur sait, après Darwin, que l’évolution des espèces l’a avantagé puisque lui-même n’est pas chassé et qu’il règne sur la gent animale mais ce règne est fait de découvertes, de protections et non d’oppressions.

 

L’amour inné de la nature du chasseur passionné est grandement favorisé par son habitat, à la campagne ou dans des agglomérations de taille raisonnable.

Dès la prime enfance, le déjà chasseur dans l’âme cherche à comprendre et toucher tout ce qui vit à proximité,  rapporte à la maison ou à l’école des escargots, des sauterelles, essaye d’attraper une piéride et se fait piquer par une abeille.

Il est triste à la vue de l’oiseau tombé du nid ou de la souris rudement patipulé par le chat.

 

A l’adolescence, à partir d’une branche en Y de noisetier et d’une chambre à air usagée de vélo, il fabrique une fronde avec laquelle il s’essaye au tir de bouteilles, d’oiseaux posés et en vol et aussi des poules du voisin, avec toutefois peu de succès. Ce faisant, il observe et nourrit sa passion de la découverte, apprend des rudiments de balistique et reconnaît les oiseaux à leur vol, sinusoïdal pour le pic vert, en escadrille chez les sansonnets, rapide et déconcertant chez la tourterelle.

Il dévore les livres de sciences naturelles et se plonge avec bonheur dans les récits de chasse, en France et en Afrique.

 

Toujours prêt à accompagner les chasseurs et amis de la famille, il frissonne avec eux à l’envol subit du perdreau. Porte carnier, il caresse longuement les plumes lancéolées du perdreau rouge et fait pisser le lièvre encore chaud, en admirant la bête. Il apprécie à la fois la simplicité et la complicité qui règnent entre les chasseurs.

 

A 16 ans, le permis en poche, un fusil à l’épaule, le chasseur passionné fait sa première ouverture dans les chaumes comme un adolescent s’installant au volant de sa première voiture.

Il contemple la plaine, sent l’odeur âcre des maïs et veut bien faire. Ses vêtements sont sans marque mais confortables pour le tir. Accompagné d’un ou deux chasseurs chevronnés, il pratique la chasse, devant soi, en compagnie d’un  chien. Celui-ci est plus qu’un auxiliaire précieux, c’est un compagnon dont il comprend ou accompagne le regard, qu’il gronde s’il bourre et félicite lorsqu’il retrouve et rapporte l’oiseau abattu.

 

Comme pour les autres types de chasseur, la recherche et la capture du gibier reste la finalité incontournable du chasseur dans l’âme mais il sait que la joie de la conquête du gibier est seulement le fruit de beaucoup d’efforts.

Fin août, il commence à chasser la caille et son chien est indispensable pour démêler les pistes et ruses de cette boule de plumes, préparée avec soin et mangée au bout du fusil tant la graisse exquise de l’oiseau peut se gâter avec les heures.

Plus tard, le départ en bouquet des perdrix grises  déconcerte et la seconde passée à choisir son oiseau l’a déjà mis à une trentaine de mètres. Seule une pratique assidue permettra au chasseur passionné d’éviter la bredouille.

 

En Alsace, à la passée aux canards et sarcelles, l’écoute des chuintements et sifflements d’ailes surgissant de l’obscurité naissante pour plonger vers les tas de drêches et radicelles d’orge de brasserie, crispe le cœur.

Le tir sur des oiseaux fantômes, plus sombres que la nuit, est une réponse à leur défi, réponse où le plaisir ne se mesure pas en nombre d’oiseau(x) abattu(s). L’oiseau qui a fait une orgie de grain est exquis dans l’assiette.

 

Le chasseur passionné marche lentement et silencieusement, s’arrêtant fréquemment, prêt à tirer le perdreau ou le lièvre s’enfuyant dans son dos.

Il ne court pas après le tableau et, lorsqu’il n’a rien vu ou manqué l’immanquable,  la bredouille n’altère pas son tempérament.

Il peut mettre en joue une grive musicienne à la cime d’un poirier sans appuyer sur la détente, ne pouvant assassiner ce maître chanteur.

 

Au sommet d’une colline, il s’arrête pour admirer la diversité des teintes d’un labour ou d’un chaume, prend le temps de cueillir une grappe de raisin et de mordre dans une pomme bec de lièvre, tombée au sol ou de ramasser quelques champignons ou châtaignes. C’est là qu’un capucin lui fausse compagnie sans pouvoir être tiré.

 

Attentif aux difficultés du monde agricole, le chasseur dans l’âme aime à discuter avec les agriculteurs car ils participent à la protection du gibier et connaissent ses remises. 

 

Dans les avants monts pyrénéens, à la Saint Luc, le chasseur passionné ne peut manquer la migration des ramiers. Cette passion - la palombite, une maladie, au dire des non chasseurs – vide les usines et conduit à vélo, en mobylette et en voiture une foule de lève-tôt dans les cols et les collines boisées, au poste ou à la palombière. Plus que le tableau, souvent aléatoire, ce sont les caractéristiques de cette chasse qui nourrissent la passion : le petit matin brouillardeux, le chien qui sait où il va, ballotté sur le porte bagage, la montée, souffle court jusqu’au poste, son fourbissage  rapide à l’aide de brandes et fougères fraîches, l’aube naissante, le café dans le thermos, les sandwiches, le chocolat et les biscuits, les bonnes blagues entre copains et surtout cette montée d’adrénaline lorsque les oiseaux approchent, le tir que l’on veut parfait, la chute éventuelle d’un oiseau désailé libérant la joie de la possession et du prochain salmis.

 

Lorsque les chasseurs, quel que soit leur génome, auront passé sur terre le temps de rachat jugé convenable par le Créateur, ils pourront, réunis dans un coin giboyeux du Paradis, évoquer, sans fin, leurs souvenirs de chasse  et évaluer alors leur félicité actuelle à l’aune de celle des parties de chasse terrestres.

 

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 13:17

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Il était une fois une hirondelle non-conformiste qui décida de ne pas accompagner ses congénères,  plein sud, pour échapper à la rigueur de l’hiver. Cependant, peu de temps après cette décision, il fit si froid qu’elle s’envola tout de même, à regret, vers le Sud.

Mais rapidement de la glace vint à se former sur ses ailes et presque gelée, elle tomba sur le sol, dans une cour de ferme.

Une vache qui passait par là déféqua et, une bouse atterrit sur la petite hirondelle. Celle-ci pensa  qu’elle allait mourir mais la bouse fraîche la réchauffa et dégela ses ailes ; du coup, réchauffée, heureuse et capable de respirer, elle se mit à chanter.

 

Juste à ce moment, vint à passer un gros chat qui entendit le gazouillis de l’hirondelle et se mit à chercher d’où cela pouvait venir. Le chat fouilla la bouse avec sa patte, trouva l’oiseau qui gazouillait et le mangea  tout de go.

 

Cette histoire contient trois enseignements :

 

1 – celui qui vous recouvre de caca n’est pas forcément un ennemi ;

 

2 – celui qui vous sort du caca n’est pas forcément votre ami ;

 

3 – si vous êtes au chaud et heureux dans un tas de caca, continuez à vous taire.

 


 

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