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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 10:41

 

Lorsqu’on a six ou sept ans, on ne comprend pas tout ce que disent les adultes car parfois les mots et leur contexte nous échappent mais chacun leur attribue néanmoins un sens à partir du vocabulaire connu ou mal maîtrisé. 

  

Ainsi, à l’école primaire, le jamais 2 sans 3 exprimé par un adversaire chanceux au jeu de billes était ressenti comme une appréciation défavorable de la Peugeot 203 que possédait mon père, d’autant plus que ce jugement était exprimé sans même me regarder, comme si je n’étais pas concerné.

 

A Noël,  ému par le chant « il est né le divin enfant » cet « heureux temps » fut pour moi compris comme «  cette retemps » puisqu’il existait bien une refête, en Novembre, avec ses stands d’auto-tamponneuse sur la place du Foirail, à Tarbes.

De même, l’injonction « jouez hautbois » compris comme « jouez au bois » ne me posa guère de problème, puisque les enfants à Noël ont le droit de jouer partout, près de la crèche et dans les bois environnants, s’ils le désirent.

Quant au « résonnez musettes », il s’agissait sûrement du bruit métallique fait par le couteau et les pièces de monnaie agités dans la musette des bergers, ravis de la naissance divine.

Enfin, dans le chant : «  de bon matin, j’ai rencontré le train de trois grands rois » (les rois mages), je me doutai bien qu’il ne s’agissait pas du train SNCF que je voyais passer chaque matin au passage à niveau du bout du pont car personne n’en aurait alors parlé. J’imaginai plutôt les rois mages assis majestueusement sur un char décoré comme ceux défilant pour le Carnaval mais celui-ci tiré par des chameaux au lieu de chevaux.

 

J’avais sept ans lorsque naquit mon dernier et troisième frère et  mon père parla de l’éventualité  d’un recours temporaire à l’aide aux mères. J’ai enregistré cela comme les domaires, imaginant qu’il s’agissait probablement de personnel qualifié de la Mairie.

 

Plus tard, en classe de sixième, à l’issue d’un concert dominical de la chorale paroissiale, j’interrogeai ma mère pour savoir si elle avait bien entendu comme moi les mots « souche puante » et « cavalerie ». En réalité il s’agissait du mot latin « suscipient », ils assument  et du mot anglais« Calvary », le Calvaire. 

 

Une fois adulte, seuls les mots récemment créés et d’une haute technicité m’ont laissé perplexe, un court moment.

 

Lorsque avec l’âge, les syllabes ne sont plus correctement perçues et les réponses faites provoquent le rire de l’auditoire, il est temps de consulter l’ORL pour éviter d’être un nouveau Professeur Tournesol.

   

 

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Published by Hoursentut - dans Humour
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