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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 17:43

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De façon habituelle, le géologue utilise des modèles simples ou simplifiés par rapport à la réalité pour essayer de comprendre les phénomènes complexes observables à la surface du globe terrestre. La tectonique des plaques est venue détrôner le fossé géosynclinal dans la genèse des montagnes mais chaque concept avait et a le mérite d’être expliqué et perçu clairement à l’aide de quelques schémas.

La fontaine de Vaucluse ainsi que le geyser de Yellowstone trouvent une explication rationnelle sans qu’il soit nécessaire d’incriminer un quelconque rayonnement cosmique.

 

Aujourd’hui, certains qui se recommandent de la géologie et de la biologie- ils se dénomment géobiologues et font aussi appel à la physique et à la chimie – sont à même, non seulement d’expliquer un grand nombre de phénomènes naturels ou surnaturels, de manière plus ou moins compliquée ou originale, mais en plus, de permettre à tout un chacun d’en corriger ou annuler les effets néfastes.

 

Ils opèrent essentiellement dans l’Ouest de la France, le Maine et Loire, en particulier. Le Courrier de l’Ouest s’est fait périodiquement l’écho de leurs étonnantes découvertes.

Jugez en plutôt ! A propos de l’eau qui se trouve sous votre maison : si deux cours d’eau se croisent sous la maison, beaucoup d’électrons sont arrachés aux atomes et montent en spirale vers le cosmique (sic). Tout le champ magnétique de la pièce est perturbé. Voilà sans doute ce qui explique l’abandon des moulins à eau par les meuniers.

 

Deux ou trois heures sont ainsi nécessaires pour passer une maison au crible et le géobiologue détectera à tous coups, le courant d’eau de 4 mètres de large qui coule à 4 mètres sous la demeure en produisant 32 000 volts en négatif alors que la norme est de 300 à 1 000 volts, en positif. EDF serait ravie de récupérer cette énergie renouvelable.

 

Et encore : si vous avez la chance d’avoir des arbres, examinez les : un arbre penché témoignera d’un courant d’eau à son opposé, duquel il essaiera toujours de s’éloigner. On constate que sur des croisements de courants d’eau, les arbres sont tout tordus, végètent et peuvent même être atteints d’un cancer.

Il nous semblait qu’un très fort courant d’air était plus efficace pour pencher un arbre qu’un courant d’eau. Il y aurait donc plus de croisements d’eau sous une oliveraie niçoise que sous une peupleraie angevine ? Et que dire de ces karités ou tamariniers, plus nombreux et plus développés le long d’un linéament* africain, seul drain exploitable.

Alphonse Allais eût aimé ces arbres hydropathes s’éloignant à toute force des courants d’eau. Hélas, dans sa Normandie natale, le saule et l’aulne préfèrent tremper leurs racines dans les cours d’eau.

 

A propos des failles et galeries de tout genre : une faille, c'est-à-dire un vide entre deux morceaux de roche, généralement comblé par la terre, crée une pile avec son côté négatif et son côté positif qui ionise très durement. Jusqu’ici, rien d’original si ce n’est la formulation. La suite est intéressante : d’anciennes galeries de mine fermées, et donc sans courant d’air, sont également sujettes à ce phénomène. Mieux vaut une galerie ouverte, où la circulation d’air se fait librement (les mineurs de charbon sont d’accord), et de citer un exemple précis : un de mes clients avait fait boucher une galerie passant sous sa maison afin que ses enfants n’aillent pas dedans. Il s’est aperçu, peu de temps après, qu’il ne dormait plus. Il a débouché la galerie et tout est rentré dans l’ordre.

 

* faille majeure créée par intrusion de filon éruptif

 

Il en va de même avec les cheminées bouchées : vous avez du courant tellurique par-dessous et du courant cosmique par le haut. Il n’en faut pas plus pour que tout cela entre en vibration. Un phénomène analogue a été décrit, me semble-t-il, par Salvador Dali, au niveau du Centre du Monde, la gare de Perpignan, au plus fort de son inspiration picturale.

 

L’analyse physique de ce rayonnement vibratoire passerait par les réseaux de Hartmann – occultiste allemand du siècle dernier – inventeur de réseaux réguliers de courants neutroniques. Ainsi nous vivons tous sur une toile électromagnétique parfaitement mesurable : un filet dense aux lignes nord-sud, espacées de 2,50 m et est-ouest, de 2 m. Ces rayons là ne sont pas très nuisibles en eux-mêmes. Mais combinés à un champ vertical nocif (bourré d’ions lourds négatifs), ils produisent, au point précis de leur croisement, un véritable mur invisible de 21 cm d’épaisseur qui traverse tous les obstacles (bâtiments, meubles, être vivants). Ces rayons, des neutrons, sont environ au nombre de 65 millions par centimètre carré et par seconde. Si, au passage, ils vous arrachent un petit électron ou abîment quelques cellules, il va falloir que votre corps retravaille pour reconstituer cela, a rapporté le journaliste angevin.

Heureusement, les réseaux de Hartmann sont faciles à détecter. Il suffit de prendre une précaution : ne pas dormir sur leur trajet.

Faites donc lit à part ou dormez sur la tranche, et vous aurez plus de chances de passer à travers une maille de ce filet infernal.

 

Si la Géobiologie se veut une Science, elle est surtout appliquée. Un géobiologue compétent doit être très équipé : outre la boussole et le pendule, très utiles, il doit être capable de prendre toutes les mesures électriques, telluriques et radioactives possibles : par exemple la mesure de la charge électrostatique dans une pièce donnée, par mètre cube dans l’air ; ou celle de la radioactivité par microrad/heure. Il se rapproche par là du géophysicien mais ses domaines d’application sont très variés, le consacrant, pour un temps, architecte ou thérapeute médical.

 

Ainsi, le géobiologue conseille-t-il l’architecte : les architectures tourmentées, avec beaucoup d’angles rentrants et sortants sont parfois très à la mode, mais pas forcément indiquées. Mieux vaut souvent se fier à des formes simples, des carrés, des rectangles… et si possible en respectant le Nombre d’or*. Tout le monde ne le connaît pas, et pourtant, il est célèbre depuis les Celtes. Rien à voir avec la faucille d’or de Panoramix.

 

Mais laissons parler le géobiologue : en mesures françaises, le Nombre d’or* équivaut à 1,618 mètre. On ne sait pas pourquoi mais il émet des vibrations positives. On peut multiplier ce nombre par trois, par dix, si l’on veut ou bien le diviser par deux. Par exemple, une chambre de 3,2 m de côté est parfaite. Mais vous pouvez y ajouter, si vous le désirez, un quart de Nombre d’or, c'est-à-dire 0,4 m pour atteindre 3,60 m. Quant au plafond, l’idéal, c’est le nombre d’or plus la moitié, c'est-à-dire 2,4 m. Et là, vous avez des pièces idéales. Dans les maisons où les architectes ont respecté ces données, le résultat des mesures est sensationnel : on n’y relève pas ces champs de neutron, ils sont éliminés !

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Le maçon et le plâtrier ont aussi tout intérêt à consulter un géobiologue : dans la construction d’une maison, il faut à tout prix essayer d’utiliser des matériaux neutres : le parpaing, par exemple, est tout indiqué. Par contre, il y a des erreurs à éviter. Si vous montez des cloisons en placoplâtre, il faut éviter dans la mesure du possible, de les faire tenir par des ferraillages : dans ce cas, votre pièce devient vite une cage de Faraday ! Mieux vaut choisir des fixations en bois.

Et dire que cette même cage est censée protéger l’automobiliste par temps d’orage et que c’est à elle que l’on confie les détonateurs sismiques pendant leur transport !

 

* ce nombre, connu depuis l’Antiquité, est égal à : 1 + 5

                                                                                          2

 

Toujours à propos de construction : tout le monde, géologue ou pas, s’accorde pour dire que la construction d’une habitation sur des argiles, présente des risques (fissuration) car ce matériau à de fâcheuses tendances à fluer ou à se rétracter. Le géobiologue est d’accord mais pour une raison inattendue : la radioactivité. Si vous avez un sol très argileux, impénétrable, les rayons cosmiques et les atomes vont venir se heurter au sol et rebondir. En revanche, la partie supérieure d’un terrain sablonneux va les absorber et sera donc moins radioactive. C’est un élément à prendre en compte avant de faire construire.

Bientôt, peut-être, verra-t-on des panneaux : terrain viabilisé, libre de rayons cosmiques et atomes divers !

 

La Géobiologie, Science de l’Habitat, s’est également intéressée au bien être de l’agriculteur et, ce, bien avant les travaux du Giatt. Hartmann et son réseau sont en apparence mieux accueillis et compris que Sir Léon Brittan, chez ce viticulteur, géobiologue angevin.

Dans la vigne çà et là, des menhirs sentinelles sont fichés par le maître des lieux au tiers de la pierre, aux points précis où se doublent croisements de Hartmann et filets d’eau souterraine. Plantées à la convergence de ces forces telluriques et orientées comme il faut, ces pierres agissent sur la terre comme une aiguille d’acupuncture sur un être humain : elles purgent la négativité du sol et rétablissent l’harmonie tout autour. Nos ancêtres avaient découvert cela intuitivement. Les auras de ces pierres sont parfaitement mesurables : à six ou sept m du rayon du premier cercle d’un grand menhir, votre détecteur ne bronchera pas alors qu’à l’extérieur de ce cercle parfait, vous passerez immédiatement à 1 500 volts en négatif. Chacun peut faire l’expérience de stationner, immobile, dans l’emprise de cette aura : il y gagnera en quelques minutes une totale sérénité.

Le géobiologue est là, à coup sûr, un disciple du docteur Purgon ou Diafoirus.

  

Dans un genre voisin, il est vrai que les Japonais, scientifiques rigoureux et sans doute géobiologues sans le savoir, ont découvert que les radis devenaient plus gros et les melons plus sucrés lorsque était diffusée en serre, une musique de Mozart ou de Haydn.

 

Une autre découverte d’intérêt médical, celle-ci, concerne les méfaits du radon : le radon est un gaz plus léger que l’air, qui a une période de vie d’un peu plus de trois jours. Le problème, c’est qu’ensuite, il se transforme en émettant un rayonnement et donne naissance à des particules fines appelées descendants du radon. Ces particules, radioactives, elles aussi, se fixent sur les grains de poussière présents dans l’atmosphère. Par inhalation, elles peuvent créer des lésions aux cellules pulmonaires. Dans ce cas, on conseille aux gens de faire un sous-sol s’ils le peuvent, ou au moins un vide sanitaire ventilé qui permettra d’éliminer ce gaz plus léger que l’air.

Si l’on sait que le radon, issu du radium, est un gaz inerte radioactif, soluble dans l’eau et , en réalité, 7,5 fois plus lourd que l’air, il convient alors d’aménager le grenier comme vide sanitaire ou bien une terrasse ensoleillée plus favorable aux poumons qu’une cave humide.

 

Soyons sérieux. La Géobiologie et les géobiologues ne peuvent abuser que les esprits naïfs et sont à ranger dans le cortège des sorciers, gourous et charlatans réconciliant le Moyen Age et l’époque actuelle.

Leurs théories pseudo scientifiques s’appuient sur une dizaine de mots clefs du genre : cosmique, rayonnement, ionisation, radioactivité, vibration, positif ou négatif…autant de gri gri magiques. Il leur manque cependant la poésie du marabout africain.

Leurs honoraires, de l’ordre de 300 francs par heure (50 euros) auquel s’ajoute 1, 5 franc par kilomètre (25 centimes d’euro), pour frais de déplacement, sont modestes mais toutefois supérieurs à une séance de cirque ou même à une journée au parc Eurodisney.

 

Il est navrant de constater que le journaliste du Courrier de l’Ouest se soit laissé prendre au jargon pseudo scientifique d’un géobiologue local : son travail ne répond qu’à des lois physiques et des phénomènes bien concrets reconnus par la science. Quelle Science ?

C’est lorsqu’ils se posent en géobiologues et traitent des problèmes d’environnement que ces pseudo scientifiques sont les plus critiquables voire dangereux. A ce titre, leur action mérite d’être dénoncée.

 

Les relations de cause à effet, si originalement décelées par le géobiologue ne sont pas nouvelles comme le démontre l’analyse suivante faite par un papou, dans les années 1970.

Dans le cadre d’une prospection pétrolière, en Nouvelle Guinée, associant les méthodes de sismique réflexion et de gravimétrie, le technicien en charge des mesures gravimétriques travaillait seul, le long des profils sismiques, bien en avant des sismiciens (quelques kilomètres) qui utilisent la dynamite comme source sismique.

Entouré de trois papous, deux pour déplacer le matériel et la bouffe, le long du profil, un troisième pour enlever les sangsues sur les jambes du technicien,  celui-ci, en chaque station de mesure, mettait un œil dans l’œilleton du gravimètre posé au sol, pour lire une valeur sur une échelle graduée. Cette opération, toujours la même et répétée tout le long de la journée, intriguait fort les papous qui lui demandaient ce qu’il regardait dans l’œilleton. Agacé, le technicien leur confia qu’il cherchait à localiser le diable. Dès lors  toute question cessa et le gravimétricien crut déceler une certaine ironie à son encontre, au fil des jours, de la part des papous.

En réalité, leur analyse de la situation, propre à celle d’un géobiologue,  était claire : le technicien chassait le diable en tâchant de le localiser et les sismiciens cherchaient à le toucher pour l’anéantir à l’aide de la dynamite.

Sans doute les papous ont-ils conclu que les blancs étaient de bien mauvais chasseurs !

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Published by Hoursentut - dans géologie
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