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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 09:10

Chapitre 7

 

Nous partons le 19 mai pour El Boroudj, notre poste d’attache. Nous y séjournons quelques jours puis rejoignons Tadla via Oued Zem, le 25 mai, en accompagnant un convoi de ravitaillement et de matériel de construction pour la casbah de Tadla.

La colonne se compose de deux compagnies sénégalaises, d’une unité coloniale, d’une section d’artillerie (canon 75 m/m) et d’un détachement du train. La chaleur est accablante. Nous trouvons de l’eau potable en quantité suffisante en arrivant au bivouac.

Les habitants de Tadla se sont réfugiés avec tous leurs biens dans la montagne, chez les Chleuh. Maintenant, ils soufrent de la faim et voudraient bien revenir.

 

Le 26 mai, nous levons le camp à quatre heures et nous sommes en pointe d’avant-garde. La région traversée est déserte. Nous rencontrons de nombreuses gazelles et levons beaucoup de lièvres. Mon sloughi en attrape deux que nous dégustons à l’étape.

 

La chaleur est suffocante et, en raison du manque d’eau dans la région, la soif nous torture de bonne heure.

Vers quatre heures, un fumeur imprudent met involontairement le feu aux herbes sèches. Activé par un fort chergui, l’incendie prend des proportions inquiétantes. La colonne court beaucoup de risques. Tous les efforts tentés pour circonscrire l’incendie restent vains. Les chameaux du convoi sont cernés par les flammes et quatre d’entre eux sont carbonisés. La lutte contre ce fléau est dirigée par le Colonel Magnin et les efforts faits pendant plus de deux heures ne donnent aucun résultat.

L’incendie s’est étendu sur des kilomètres carrés et ne s’éteindra qu’à la nuit, faute d’aliments.

 

Il reste encore un long trajet à parcourir avant d’arriver au point d’eau que la colonne atteint péniblement.

Les habitants de la région réquisitionnés par les officiers du Service des Renseignements apportent le précieux liquide dans des outres en peaux de chèvres.

 

Nous arrivons à Oued Zem, le 27 mai. Cette étape est jalonnée de nombreux puits ce qui permet d’étancher la soif des hommes et des animaux. Pour rester opérationnel, chaque cheval a besoin de boire 20 litres d’eau par jour.

Nous campons près de nos camarades de l’escadron chérifien et restons le 28 mai à Oued Zem. Une mutation nous retire le Capitaine De Mazerat que nous regrettons bien vivement. Il est remplacé par le lieutenant Foiret du 4ème Goum dont le commandement échoit maintenant au capitaine De Mazerat.

 

Le 29 mai, nous filons sur Boujad pour y protéger un bataillon de tirailleurs chargé de l’aménagement de la piste reliant Oued Zem à Kasbah Tadla.

Pendant quelques jours, nous assurons la protection des convois et cette activité, trop statique, ne nous plait guère.

 

J’ouvre ici une parenthèse : pendant notre absence correspondant à l’aller à et retour d’El Borroudj, nous avions laissé deux goumiers à cheval à Tadla, à la disposition du Bureau de Renseignements, sous les ordres du lieutenant Delhomme.

 

Au cours d’une sortie sur la rive gauche de l’Oum Er Bia, empruntant le pont des Portugais, ces deux goumiers ainsi que deux autres appartenant au 4ème Goum, partis en éclaireurs se font surprendre et coupés du pont par un groupe important de cavaliers marocains qui tentent de s’emparer vivant de nos quatre soldats isolés.

Après une brève lutte, la poursuite s’engage pendant une vingtaine de kilomètres jusqu’aux abords de Kasbah Zidania. Les chevaux sont exténués et c’est une lutte au corps à corps qui s’engage et au cours de laquelle les quatre chevaux sont tués.

Un goumier du 3ème Goum, nommé Djilali, accompagné d’un collègue du 4ème Goum tombent mortellement atteints. Les deux survivants continuent leur retraite en utilisant les replis de terrain et combattent jusqu’à épuisement des munitions. Ils réussissent à franchir le fleuve et trouvent asile dans une tribu récemment soumise.

Les poursuivants abandonnent alors leur chasse à l’homme en raison de l’extrême épuisement de leurs chevaux.

Les deux goumiers rescapés sont rentrés le lendemain à Tadla, assez déprimés. Le souvenir de cette affaire épique restera pour toujours gravé dans leur mémoire.

Le cadavre du goumier Djilali a pu être récupéré. En raison de la putréfaction avancée du corps, nous le plaçons dans un cercueil, ce qui est contraire à la coutume musulmane et aménageons une sépulture dans le cimetière musulman de Boujad.

 

Le 4 juin, au soir, nous recevons l’ordre de rejoindre la colonne du colonel Mathieu vers Tadla que nous atteignons à dix heures et demie.

La situation politique de la région est inchangée. Les habitants de Kasbah Tadla ont fui dans les montagnes et sont alors sous protection des Chleuh. De vieilles femmes se font émissaires ou espionnes et sont chargées de remettre des lettres au colonel Mangin.

Il n’est pas possible aux citadins réfugiés dans la montagne de faire acte de soumission car leurs biens, troupeaux, femmes et enfants sont entre les mains des montagnards rebelles qui menacent d’exécuter leurs enfants s’ils se soumettent. D’autre part, si les soumissions tardent, les récoltes risquent d’être incendiées. Ils sont donc embarbouillés.

Telle est la situation à Tadla, au début juin de l’an 1913.

 

Après deux journées calmes passées à Tadla, des ordres sont donnés dans la soirée du 7 juin pour effectuer une opération sur le village de Ksiba, agglomération importante et résidence du chef rebelle réputé et très actif, Moha ou Saïd.

 

Le départ a lieu à minuit. La mission délicate confiée au 3éme Goum à cheval consiste à encadrer 1200 cavaliers des tribus Béni Zemmour, Ould Brahim et Smaala, nouvellement soumises. Trois groupes de 400 cavaliers chacun sont formés et encadrés par une escouade de goumiers. Le capitaine De Mazerat assure le commandement général de cette armée auxiliaire de partisans avec l’appui suivant :

1er groupe : le maréchal des logis Bennacoeur ;

2ème groupe : le lieutenant Foiret et le maréchal des logis Vaugier ;

3ème groupe : le lieutenant Emmanuelli et le brigadier Garry.

 

A la pointe du jour, nous arrivons à la casbah de Ghorm el Alem, au pied des pentes de l’Atlas. Les premières crêtes sont déjà occupées par les dissidents, retranchés derrières des murets en pierres sèches.

L’artillerie ouvre un feu nourri pendant que les fantassins montent à l’assaut des positions adverses. Une fois enlevées nous accédons à un plateau, premier gradin de la montagne. Le terrain est ensuite très accidenté et offre d’énormes difficultés à nos troupes. L’ennemi, abrité dans les rochers oppose une résistance farouche. Un passage très étroit, au fond d’une gorge, entre deux hautes falaises, interdit toute progression à l’artillerie tractée. Les attelages de mulets, bien que doublés, ne réussissent pas à gravir les pentes raides – canons et caissons chavirent et basculent dans le ravin. A l’aide de cordes, une compagnie de tirailleurs remet les véhicules sur leurs roues.

 

Nos 75 m/m sont obligés de revenir en arrière sur le plateau où des éléments d’infanterie assurent leur protection, près du marabout de Sidi Ben Daoud.

 

Pendant ce temps, la colonne s’engage, n’ayant comme appui que deux batteries de 65 m/m de montagne. Nous pénétrons avec notre cavalerie dans une vallée resserrée entre des collines rocheuses escarpées et boisées dans lesquelles est rassemblé un grand nombre de Chleuh.

Un rapide mouvement en avant s’amorce en tête duquel se trouve le 3ème escadron chérifien du capitaine Deschamps et deux pelotons du 4ème spahi, sous les ordres du commandant Picard. Viennent ensuite les groupes des 1200 partisans, encadrés par les cavaliers du 3ème Goum.

 

Les cavaliers des tribus ne connaissent aucune discipline et la confusion bat son plein. Il faut fréquemment et violemment employer la cravache pour tenter de remettre de l’ordre mais les menaces et punitions ne suffisent pas.

Les cravaches sont vite usées et remplacées par le plat de sabre dont l’effet se révèle plus efficace.

 

La vallée, abondamment irriguée, est brusquement envahie par l’eau. Ce sont les Chleuh qui ont provoqué cette inondation pour ralentir notre avance.

Le combat est sérieusement engagé en avant et à droite. L’ennemi dispose de tous les avantages du terrain et s’acharne de plus belle. L’objectif est la casbah de Ksiba.

Le mouvement doit s’effectuer en vitesse et avec surprise.

 

Le commandant Picard lance toute la cavalerie au galop et dans ce mouvement, les partisans croient qu’il s’agit de s’emparer des troupeaux en fuite et veulent eux-mêmes saisir ce butin mobile. C’est une débandade complète et toute autorité se trouve réduite à néant.

Mon cheval est dessanglé et perd la couverture. Je mets pied à terre et selle à nouveau, en un tournemain, secondé par un goumier.

 

Les partisans n’ayant plus de chef continuent leur course effrénée vers un petit village situé sur la gauche, à flanc de coteau, puis s’arrêtent, abandonnant les cavaliers du commandant Picard lancés très en avant. Je reste isolé avec mon cavalier goumier et tente de rejoindre la tête au galop. Une grêle de balles venant des rochers au pied desquels nous passons s’abat sur nous. La cavalerie régulière (escadron chérifien, spahis et goumiers) accentue l’allure et se trouve à une centaine de mètres de moi.

Soudainement, une cinquantaine de Chleuh surgissent à mes trousses puis me barrent la route. J’esquive tandis que des camarades spahis cherchent à récupérer un des leurs, blessé et tombé à terre.

Pendant qu’ils hissent le blessé sur un cheval, je tiens tête à une trentaine d’ennemis embusqués derrière les rochers, à une distance d’environ 70 mètres. J’épuise toutes les munitions de ma cartouchière de ceinture mais la récupération du blessé a réussi.

 

Notre cavalerie s’enfonce alors dans un cul de sac en terrain chaotique et abondamment fourré. Les Chleuh débouchent de toutes parts et attaquent avec rage. Le combat en ordre est rompu et une lutte individuelle et âpre s’engage désespérément. Chefs spahis et goumiers montrent des prodiges de courage mais la lutte par trop inégale nous cause des pertes importantes. Aucun secours ne peut nous advenir pour l’instant, l’infanterie étant prise à partie à l’arrière et à plus d’une heure de marche. Les partisans fléchissent et le capitaine De Mazerat tue trois fuyards au révolver, sans réussir à rameuter ceux, proches de l’abandon.

 

J’essaie de reprendre en main plusieurs centaines de partisans hésitants et démoralisés. Ces indigènes, de plus en plus affolés, font feu dans toutes les directions, sans objectif précis. Je me trouve au milieu de cette fusillade et bientôt particulièrement visé.

En effet, ils tirent dans ma direction, parfois à bout portant, le fusil tenu horizontalement sur l’épaule. Mais il est dit que mon heure n’est pas venue car je suis indemne. La menace de faire usage de ma carabine sur eux les rend encore plus fous. Ils se mettent à hurler en esquissant un simulacre de mouvement en avant. Puis c’est de nouveau la panique et la fuite. J’en suis réduit à combattre seul face à des cavaliers ennemis qui se sont très approchés. Mon goumier ne me quitte pas. Je pleure de rage devant l’impossibilité de porter secours à mes camarades que l’on massacre.

Mon cheval tombe, épuisé ; ses flancs sont à vifs. Je ne consens toutefois pas à l’abandonner et emploie tous mes efforts à le remettre sur pieds, sans penser seulement que ma vie est suspendue à un cheveu. Le moment n’est pas au découragement qui serait certainement fatal. Je suis couvert de sang. Le carnage continue à un rythme croissant, un contre cinq et au corps à corps.

 

Les assaillants sont en partie des soldats réguliers de Moha ou Saïd, armés de fusils à tir rapide, munis de baïonnette.

Le terrain où s’est réfugié l’escadron est impraticable vu le nombre de rochers. J’ai du mal à trouver les mots pour écrire la scène de ce carnage. Les blessés sont mutilés et emportés par l’ennemi.

 

Une des premières victimes est le commandant Picard, chef de cavalerie. Son cheval blessé et refusant d’avancer, il est atteint par plusieurs balles et pris par cinq  Chleuh qui le coupent en morceaux. Le lieutenant Mazimbert est tué en voulant sauver son chef en même temps que deux brigadiers, un spahi français et deux spahis tunisiens, tous sacrifiant leur vie pour sauver celle de leur chef.

Mais que l’infanterie est lente à rallier !

 

L’escadron chérifien compte 23 hommes hors de combat dont 17 tués. 34 chevaux sur 81 restent sur le terrain. 18 goumiers restent en vie avec le capitaine De Mazerat et le lieutenant Foiret. Nos pertes sont comparativement légères : 3 hommes blessés et 3 chevaux tués. Le capitaine De Mazerat et le lieutenant Foiret doivent leur salut à leurs chevaux anglo-arabes, tout à fait exceptionnels, puisqu’ils ont franchi une barre rocheuse emportant, chacun,  un cavalier démonté sur le dos.

 Les secours arrivent mais en fin de tuerie. Ne pouvant plus avancer avec mon cheval, je recueille les blessés et les cavaliers démontés tandis que le maréchal des logis Vaugier exécute un combat à pied avec les goumiers contre des adversaires occupant une crête à proximité.

 

Le maréchal des logis chef Jacquet de l’escadron chérifien arrive. Il est muet. La peine et l’émotion l’étouffent. Nous ne pouvons retenir nos larmes. Les pertes en hommes et en chevaux atteignent 50%, y compris celles des deux pelotons du 4ème Spahis tunisien. Le lieutenant Jeannerod de l’escadron chérifien a eu deux chevaux tués sous lui. Un maréchal des logis chef du 4ème Spahis, démonté, se réfugie, dans un ravin, au fond d’une crevasse, en sûreté. L’attente lui semble bien longue. Pendant une heure et demi, il se désole et se laisse aller au désespoir, se réservant une balle de révolver pour se donner la mort plutôt que d’être pris vivant.

De sa cachette, il entend les balles siffler et aperçoit les ennemis mais évite d’être éventé. Enfin, il perçoit tout près les claquements des Lebel de notre infanterie qui dégage le lieu à la baïonnette.

Ouf ! Le sous-officier sort de sa cachette alors que l’infanterie mène toujours le combat pour repousser l’ennemi.

Nous nous rassemblons à l’abri et ne pouvons parler, totalement hébétés. Seuls des regards, chargés de souffrance et de tristesse s’échangent dans un silence poignant.

 

Le bombardement de la casbah de Ksiba et de celle de Moha ou Saïd avec obus à mélinite occasionne de gros dégâts. Tous les occupants fuient dans la montagne et nous apercevons parmi les fuyards, les uniformes rouges de nos spahis dont les Chleuh sont déjà revêtus.

 

Il est 16 heures quand le mouvement de la retraite vers Sidi Ben Daoud s’amorce. Je suis en pointe d’arrière-garde avec mon escouade. Le décrochage est difficile mais assez court. La colonne se glisse, silencieuse, entre deux montagnes.

Le combat diminue d’intensité au fur et à mesure que nous nous éloignons. Quelques Chleuh, déguisés en spahis, après avoir dépouillés nos morts, nous provoquent et nous harcèlent encore un moment puis le calme revient, le calme qui suit une journée meurtrière.

Toute la colonne campe auprès du marabout de Sidi Ben Daoud, sur le plateau qui domine la plaine de l’Oum Er Bia.

La journée a été également meurtrière pour l’ennemi qui abandonne la poursuite. Leur souci  doit  se porter sur leurs morts et blessés ainsi que sur les nôtres restés entre leurs mains et sur le butin à se partager, armes et munitions.

 

Nous sommes tous atteints d’une profonde tristesse et c’est dans un silence profond que nous arrivons au camp, à la nuit tombante.

Debout depuis 4 heures du matin, la marche de nuit et le combat très pénible soutenu, pendant toute la journée, nous ont vidés au point que la maigre pitance qui nous est réservée est presque ignorée ; quelques uns d’entre nous, exténués, s’endorment, la bouche pleine. Nous avons réalisé 19 heures de marche et 12 heures de combat, sans répit.

 

Après une nuit qui fut plutôt calme mais non dénuée de cauchemars et un réveil pas trop matinal, nous nous sentons assez reposés, ce 9 juin. Aucune opération n’étant envisagée pour la journée, nous restons au camp et nous affairons à nos travaux habituels et au ravitaillement en vivres et munitions.

Vers 8 heures, les Chleuh rassemblés sur les hauteurs dominant le camp commencent le baroud.

Chaque corps de troupe va reconnaître ses morts et blessés à l’ambulance. Les uns ont la gorge tranchée, d’autres sont carbonisés ou ont la tête et la face complètement écrasées à coups de grosses pierres. C’est un spectacle horrifiant et une odeur pestilentielle se dégage. Un convoi en formation va transporter les morts et les blessés à Tadla. On attache les premiers sur des chameaux, les seconds prennent place sur des litières et des cacolets.

Les moins gravement atteints empruntent des montures. Ce convoi reviendra dans la soirée avec un approvisionnement en vivres et munitions.

 

La journée devient quelque peu mouvementée car les rebelles sont de plus en plus nombreux autour de nous. Les artilleurs se chargent de les disperser mais ils se reforment aussitôt sur un autre point. Nous apercevons la troupe de Moha ou Saïd, en formation régulière et parmi elle, les taches rouges des uniformes de nos infortunés spahis.

 

Des émissaires venus de la montagne nous informent que se crée une harka importante, composée d’éléments Zaïan, Béni Mellal, Ouled Sidi Bou Brahim et Aït Roba, pour une attaque massive et nocturne de notre bivouac. Ils ont l’intention de raser notre camp, hommes et installation et cela sans merci. Des feux brillent dans la montagne et les cris des dissidents, très perceptibles, ne sont pas équivoques.

Des mesures défensives sont aussitôt prises et chacun se voit assigner sa place en cas d’alerte. Les tentes sont abattues. Toute l’infanterie occupe les tranchées.

 

L’artillerie elle-même est protégée par des levées de terre. Quant aux cavaliers, si durement éprouvés la veille, ils sont maintenus en réserve pour se porter sabre au clair, aux points les plus menacés. A minuit, une heure, rien à signaler. A deux heures, des cris « aux armes ! » fusent de tous côtés.

 Des tirailleurs affolés courent dans tous les sens et le spectacle prend parfois un aspect comique. Ainsi un tirailleur qui s’agenouille au milieu du camp, baïonnette au canon, derrière le spahi Salah de notre Goum, encore couché, crie « aux armes ! ». Il a été prié de détaler en vitesse et cette petite scène a provoqué l’hilarité de tous nos goumiers.

 

Cette alerte fut de courte durée. Il ne s’agissait que de quelques rebelles isolés, venus tirer quelques coups de fusil aux abords de notre camp, pour en évaluer les défenses. Le silence de la nuit a vite fait oublier cet incident. Hélas, une heure plus tard, la sonnerie du réveil retentit et, à 4 heures du matin, nous nous ébranlons pour venger notre échec de la veille.

Dès la sortie du camp, le combat s’engage et l’ennemi occupe toutes les positions avantageuses lui permettant des tirs plongeants sur la colonne qui marche dans une coulée ou vallée étroite. Les fantassins escaladent les pentes abruptes et arrivent à déloger les occupants.

La marche en avant progresse lentement.

 

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Published by Hoursentut - dans Histoire coloniale
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